Jours de fêtes religieuses et/ou publiques :
A Rome, tout le monde se doit de connaitre le calendrier du mois, c’est lui qui va déterminer la nature religieuse ou politique de chaque jour.  Pour cela, il est affiché sur les murs des temples de la Ville après que le Rex Sacrorum l’ait annoncé aux nonnes (le 5 ou 7 de chaque mois).
 

Ce calendrier va déterminer, en particulier, les jours fastes ou néfastes. Comme chez nous, les fêtes peuvent être de deux sortes ; « statives », elles reviennent toujours à la même date, ou « indictives » elles sont mobiles. Les jours fastes permettent d’entreprendre n’importe quelle tache tant agricole que juridique par exemple car on a l’appui des dieux ; les jours néfastes, on peut poursuivre un travail commencé mais ne jamais se lancer dans quelque chose de nouveau ceux qui ne respectaient cette règle devait sacrifier un porc. Certains jours peuvent être faste l’après-midi  tandis qu’ils ont été néfastes le matin ; huit jours, dans l’année, sont néfastes le matin et le soir et fastes en leur milieu ; on peut compter, sous la République, 109 jours néfastes pour 235 jours fastes et 11 jours mixtes puis sous l’Empire le nombre de jours néfastes augmenta car les empereurs eurent une journée consacrée à leur souvenir. Généralement, les fêtes religieuses avaient lieu un jour néfaste. Ces jours là, un magistrat ne pouvait rassembler une armée, lever des soldats (dilectus ou tumultus), engager une bataille sauf si la République était agressée. Ce genre de fête a d’abord été une purification, purification de l’homme comme de la terre, puis petit à petit la fête est devenue réjouissance au fil des siècles, à tel point que pour certaines, les Romains n’en connaissaient plus l’origine. Et c’est seulement au troisième et quatrième siècle après J.C. que des jours de fête furent octroyés au nom des divinités orientales
On considérait comme un jour de fête les jours de marché (nundinae) qui avait lieu tous les 9 jours ; les travailleurs agricoles venaient à Rome pour faire différentes emplettes.

En parallèle à ces fêtes officielles existaient des fêtes de quartiers qui n’étaient pas recensées par le calendrier placardé sur les murs des temples. Elles étaient plus populaires que les autres. Et en 389 après J.C., l’empereur Théodose décréta qu’il n’y aurait plus de fêtes païennes, qu’il n’existerait plus que les chrétiennes. Mais il fut très difficile au pouvoir de les supprimer, elles durèrent encore longtemps !

Texte tiré de ...

William Smith, D.C.L., LL.D.:
A Dictionary of Greek and Roman Antiquities
John Murray, London, 1875.

Agonalia : (1)

Une des plus anciennes fêtes romaines, elle était célébrée plusieurs fois dans l'année.
" ...au sujet des Agonales; je note seulement que, dans nos Fastes, elles se représentent ici une seconde fois. " Ovide, fastes, V, 721. Sa création, comme bien d'autres, est attribuée à Numa Pompilius. (Macrob. Saturn. I, 4) Les anciens calendriers nous renseignent sur les dates où elle apparaissait dans l'année, le 9 janvier, (2)
" Les Agonalia du 9 janvier " Ovide, fastes, I, 317.
le 21 mai et le 11 décembre, probablement le 17 mars, date à laquelle, on célébrait aussi les liberalia qui prirent par la suite le nom de agoria ou agorium martiale. (Varr.L.L.VI, 14, ed. Müller kalendarium vaticanum) Les anciens, eux-mêmes, ne savaient plus ce qu'elle représentait.(3)
Mais comme Hartung l'a démontré (die religion der Römer, vol II), lorsque la victime offerte en sacrifice par le rex sacrificulus est un bélier et que cela se passe à la regia, (Varr.L.L.VI, 12.- Festus s.v. Agonioum)
" Ce qui n'est pas moins certain, c'est que le roi des sacrifices doit immoler aux dieux, non la brebis à la toison épaisse, mais le bélier, son époux. " Ovide, fastes, I, 333.
il n'y a aucune difficulté pour l'interprétation. Avec tous ces éléments en présence, nous avons affaire ici à quelque chose qui touche aux dieux les plus importants de la religion de l'Etat. En y regardant bien, on comprend pourquoi cette fête avait lieu plusieurs fois par an.
L'origine du nom est aussi un sujet de discorde chez les anciens, toutes celles proposées trouvent un écho chez Ovide.  « D'autres, remarquant que la victime ne se présente pas spontanément, mais qu'on la conduit à l'autel, font dériver ce nom de cette action même; d'autres pensent que les Agonales s'appelaient agnales chez nos pères, et retranchent une lettre dans le mot; enfin, agonia n'exprimerait-il pas la frayeur qui saisit l'animal, quand, à travers l'eau des bassins, il voit briller le fer qui va lui donner la mort? Selon quelques-uns, ce jour porterait le nom grec des jeux auxquels se livraient nos ancêtres. Troupeau, dans le vieux langage, se disait agonia, et je ne reconnais pour vraie que cette dernière étymologie. »  Ovide, fastes, I, 330.
Aucune d'entre elles, n'est totalement satisfaisante. Nous allons, donc, proposer la notre. Il est bien connu que le Quirinal, à l'origine, s'appelait agonus et le mont agonensis (Festus, s.v.agonium quirinalis ; comp. Dionys. II, 37). Pourquoi ne pas penser que le nom viendrait de cette colline Il est dit que le sacrifice se faisait à la regia ou à la domus regis qui était au sommet de la sacra via, près de l'arche de Titus (Becker, handbuch d. Röm. Alterh. Vol. I), mais dans des temps très anciens, selon un écrivain, la regia se trouvait sur le Quirinal (Solim. I, 21), cette déclaration rend presque certaine notre supposition (classical museum, vol. IV).
D'après des historiens modernes, le circus agonensis était là où se trouve maintenant la piazza Navona et aurait été construit par l'empereur Alexandre Sévère exactement à l'endroit où les victimes étaient sacrifiées aux agonalia (Becker ibid.), pourtant il a été dit qu'il n'y avait aucune raison pour que le circus agonensis ait cette dénomination.

- Ce texte a été librement traduit par mes soins du livre "A dictionary of Greek and Roman Antiquies" Londres 1875 de William Smith. La version anglo-saxonne est donnée sur le site de Lacus Curtius.

Note du rédacteur du site :
(1) ou Agonium.

(2) Le 9 janvier est le jour où l'on sacrifie au dieu Janus.

(3) Pour Mai, on pense que l’on fêtait le dieu Mars sous son nom de Vediovis qui personnifie son coté protecteur.

Armilustrium :
C’était une fête consacrée au dieu de la guerre, Mars. Elle se déroulait le 19 Octobre. Elle était destinée à purifier les armes après les campagnes de printemps et d’été. Pourquoi en Octobre ? Parce que, comme pour la marine, durant l’hiver les troupes se retrouvaient dans leurs cantonnements ou étaient démobilisées, suivant la date à laquelle on se place. La mer était fermée d’Octobre à Mars et on ne pouvait déclencher une guerre durant ces mois là.
A cette date, les troupes étaient passées en revue dans le Circus Maximus, le public jetait des pétales de fleurs sur les légionnaires qui défilaient puis elles étaient conduites par les Saliens (prêtres de Mars) sur l’Aventin,  à l’endroit où l’on disait que Titus Tatius avait été enterré.
Romulus emporta le corps de Tatius, lui fit des obsèques convenables à son rang, et l’enterra sur le mont Aventin, près du lieu appelé Armilustrium. Plutarque, Romulus, 23.
Les Saliens présidaient à une procession qui se faisait à la lueur des torches et ils faisaient de nombreux sacrifices au son des trompettes.

Juturnalia ou Diuturna (comme l’a démontré Mommsen).
Fête qui se célèbre le 11 janvier et met à l’honneur les Fontani (ouvriers s’occupant de l’entretien des aqueducs et des fontaines). Elle se faisait sous la direction du préteur urbain et le patronage de la déesse Juturna (déesse des fontaines), elle venait de Lavinium, cité religieuse des Latins, La légende en faisait l’épouse de Janus (le dieu a deux têtes). Elle avait une source au Forum, ses eaux servaient durant les sacrifices  mais son temple se trouvait au Champ de Mars. Il avait été construit par Lutatius Catulus qui en avait fait la promesse lors de la bataille des iles Egates (1ère guerre punique).
Cette fête tomba dans l’oubli à la fin de la République, jusqu’à ce qu’Auguste avec le concours d’Agrippa est fait construire l’Aqua Virgo, un des aqueducs qui alimentait Rome en eaux.

Ludi Piscatorii
Le 7 juin se célébrait la fête des pécheurs qui lançaient leurs filets dans le Tibre. Cette fête était conduite par le préteur urbain.
Ce jour là, tous les poissons pêchés par eux étaient sacrifiés par le feu dans le temple de Vulcain, au pied du Capitole.
Cette fête était liée avec l’adoration de Vulcain (dieu du feu et des volcans) et du Tibre par les pécheurs qui se manifestait par l’intervention du feu dans les sacrifices de poissons et pour le Tibre, ils voyaient qu’on se servait de son eau pour éteindre les incendies de Rome.

Matronalia :
Fête considérée comme comme l’ancêtre de la Fête des Mère, elle se déroulait le 1er Mars. Ce jour là, après avoir reçu des cadeaux de leur mari, les matrones se rendaient au temple de Juno Lucina (déesse qui veille sur les accouchements, déesse de la lumière) sur l’Esquilin, la tête ceinte de guirlandes de fleurs pour déposer des bouquets sur l’autel de la déesse
Ovide, dans les Fastes, fait un rapprochement entre le 1er Mars et le renouveau du au printemps, ce renouveau étant l’accouchement. A cette date, l’accès au temple de Juno est interdit à toute femme non mariée, les Vestales coupaient leurs cheveux pour en faire offrande à la déesse, les femmes enceintes les déliaient alors qu’une matrone, hors de chez elle, se devait de les avoir toujours impeccablement bien peignés.
La légende attribut sa fondation à Titius Tatius, roi des Sabins, en souvenir de l’enlèvement des Sabines et de leur intervention pour éviter une guerre entre Sabins et Romains, cette fête rappellerait la réconciliation des deux peuples. En fait, elle daterait du V ° siècle avant J.C.

 

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