Livie :

Livia Drusillia, 58 avant J.C., 29 après J.C. De la famille des Claudii.

Elle naquit dans une famille hostile aux puissants du moment, ce qui aura pour conséquence l'inscription de son père sur les listes de proscription du second triumvirat et il se suicidera. A part cela, on ne sait pratiquement rien de sa jeunesse. Elle ne fera son apparition dans l'histoire que par son mariage avec Octave-Auguste.

--- Livie en Céres

Mais avant, on sait qu'elle épousa en premières noces Tiberius Claudius Nero , proche de Jules César, lui a 35 ans, elle n'en a que 15. Elle en aura deux fils dont l'un sera l'empereur Tibère. Cet époux va être un fidèle de Marc Antoine. Lorsque ce dernier sera vaincu par Octave, ils iront se réfugier chez Sextus Pompée puis iront en Grèce, à Sparte, de là ils reviendront à Rome, la paix ayant été faite entre les deux triumvirs (paix de Brindes).

Puis, alors qu'elle était enceinte de son second fils, Drusus, elle rencontra Octave-Auguste :

« Il épousa aussitôt Livia Drusilla, qu'il enleva à son mari Tibère Néron, quoiqu'elle fût enceinte. Il eut pour elle l'amour le plus tendre et l'estime la plus constante. » Suétone, Auguste.

« Marc Antoine lui reproche, outre son brusque mariage avec Livie, d'avoir, en présence de son mari, emmené une femme consulaire, de la salle à manger dans un cabinet, d'où elle ne serait revenue à table que les oreilles rouges et les cheveux en désordre. » Suétone, Auguste.

Ils s'aimèrent et se marièrent, elle fut sa troisième épouse. Ce mariage devait durer 52 ans. Mais avant de l'épouser, il consulta les prêtres de Rome pour savoir si une telle union était possible. Loin d'être jaloux, son ancien mari la dota très largement, mais que faire quand on a en face de soi le premier homme de Rome ?

« …César qui venait de recevoir Livie des mains de Néron son premier époux… » Velleius Paterculus, II, LXXIX.

Leur entente était tellement parfaite, aux yeux de leur entourage, qu'il ne prenait aucune décision sans avoir son avis. Un exemple entre mille, qui va illustrer ces dires, est celui de Cinna. Dion Cassius et Sénèque expliquent que c'est elle qui intervint en sa faveur après sa conspiration. C'est grâce à elle qu'il eut la vie sauve et même qu'il put continuer sa carrière politique mais Tacite est d'un avis différent, il pense qu'elle a été cruelle et rétrograde, difficile d'apprécier lorsqu'on sait que cet historien a toujours été hostile à la famille des Julio-Claudiens. Son mari eut des relations avec d'autres femmes, on prétendit même qu'elle fut une pourvoyeuse :

« Ses amis n'ont excusé ses amours adultères, qu'en disant qu'ils étaient l'effet du calcul plutôt que de la passion, et qu'il se servait des femmes pour connaître les projets de ses adversaires…les amis d'Auguste le pourvoyaient de femmes mariées et de filles nubiles qu'ils faisaient déshabiller et qu'ils examinaient, comme des esclaves… » Suétone, Auguste.

La seule ombre qu'il y eut dans sa vie fut de ne pas avoir donné de successeur à son mari, Suétone prétend quand même qu'elle accoucha d'un enfant non viable. Son époux fit en sorte qu'elle eut des privilèges que les autres femmes de l'époque n'avaient pas, elle put administrer ses biens sans l'aide d'un tuteur, elle eut même la sacro-sainte inviolabilité dont jouissaient les tribuns de la plèbe et les vestales.

Leur mariage va associer deux grandes familles romaines : la gens JULIA et la gens CLAUDIA et les premiers empereurs qui, tous, vont avoir un lien de parenté avec eux, vont constituer la dynastie des Julio-Claudiens, comme son petit-fils, Claude, pour qui, elle n'avait que mépris :

« Son aïeule Augusta eut toujours pour lui le plus grand mépris et ne lui parlait que très rarement; elle ne lui donnait ses avis que par des billets durs et laconiques ou par un intermédiaire. »   Suétone, Claude, III.

Puis les années passèrent, en 9 avant J.C., elle perd son second fils, le préféré, Drusus, le frère de Tibère. Aux yeux du peuple romain, elle va camper le rôle de la matrone, elle va être très populaire. Mais en fait, c'était une femme volontaire et dure, ce qui fit dire à Caligula :

« Il appelait quelquefois Augusta Livia, sa bisaïeule, un Ulysse en jupon. »   Suétone, Caligula, XXIII.

Pour être la matrone romaine parfaite, il lui manquait toujours un enfant d'Auguste. Sans descendance directe, il va adopter son petit fils Agrippa Postumus, fils de sa fille, Julie, et de son ami et conseiller, Agrippa, et oh joie pour Livie, Tibère.

Mais, Agrippa est décrit comme un parfait imbécile doublé d'une brute. Il sera relégué puis exécuter sur l'île de Pianosa, proche de l'île d'Elbe :

« Le coup d'essai du nouveau règne fut le meurtre de Postumus Agrippa : un centurion déterminé le surprit sans armes et cependant ne le tua qu'avec peine. Tibère ne parla point au sénat de cet événement. Il feignait qu'un ordre de son père avait enjoint au tribun qui veillait sur le jeune homme de lui donner la mort, aussitôt que lui-même aurait fini sa destinée ? Il est vrai qu'Auguste, après s'être plaint avec aigreur du caractère de Postumus, avait fait confirmer son exil par un sénatus-consulte. » Tacite, Annales, I, 6.

Son nom fut prononcé à l'occasion de la mort de Lucius (petit fils et héritier d'Auguste). La rumeur l'a accusée d'être une empoisonneuse. On a beaucoup dit que son désir premier était de faire régner son fis aîné, elle cacha un certain temps la mort d'Auguste pour permettre à Tibère de revenir à Rome (il était en Illyricum) pour y être sacré Elle sera accusée de tous les décès qui vont atteindre les éventuels successeurs d'Auguste.

Elle reçut le dernier soupir de son mari qui décéda dans ses bras, elle avait alors 72 ans. Par contre, Dion Cassius ne la cite pas dans son histoire comme étant présente lors de ce décès mais il raconte qu'elle aurait pu l'empoisonné.

« Livie fut soupçonnée d'être l'auteur de sa mort… » Dion Cassius, LVI, 30.

Sous le règne de son fils, elle est écartée du pouvoir impérial, il va peu à peu la haïr.

Elle mourut à 86 ans, en 29 après J.C. Son fils, Tibère, lui refusera les honneurs que le Sénat voulait lui décerner. Il faudra attendre que Claude soit au pouvoir pour qu'elle soit divinisée ( Diva Augusta ) :

« Il fit décerner à son aïeule Livie des honneurs divins et un char attelé d'éléphants dans la marche triomphale du cirque… » Suétone, Claude, XI.

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