Praeda = Butin

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« Praeda » qualifie toutes les choses mobiles qui sont prises à l’ennemi durant une guerre. Ces choses sont soit attribuées aux soldats par leur général : « …cette cupidité du peuple fut encore enflammée par l'avarice des patriciens, qui, après une victoire remportée cette année sur les Volsques et les Èques, frustrèrent le soldat du butin. Tout ce qu'on avait pris sur l'ennemi fut vendu par le consul Fabius, et le prix en fut porté dans le trésor. » Tite-Live, II, 42.
et Tite-Live, VI, 13 ; Salluste, Jug, 68.
ou vendu par les questeurs, le produit de cette opération était reversé à l’Aerium (trésor public) : « Ces deux captifs, que j'achetai hier aux questeurs dans la vente du butin… » Plaute, les Captifs, I, 2, 1.
La différence entre « praeda » et « manubiae » est expliquée par Aulu-Gelle (XIII, 24). Il dit ceci que l’on peut considérer comme un résumé : « Praeda » est le butin qui est pris lors d’une guerre et « Manubiae » est l’argent que le questeur retire de sa vente (1), cette explication est aussi donnée par Cicéron (De leg. Agr. II, 22).
Quand les prisonniers sont vendus, ils le sont sous l’expression : « sub corona » ; la véritable explication de ces mots est donnée sans doute par Aulu-Gelle VI, 4. :
« Les esclaves que l'on met en vente la tête couverte d'un bonnet sont ceux que l'on vend sans garantie. »
« Que les citoyens vainqueurs par leur courage ceignent leur front de la couronne pour aller rendre des actions de grâces aux dieux, et non pour être mis en vente comme des vaincus. »  Paroles de Caton dans son ouvrage « de l’Art Militaire », reprises par Aulu-Gelle (VI, 4).
La façon de vendre des objets, autres que les esclaves (2) se fit par un seul lot au plus offrant ou par parties importantes comprenant des objets différents, on parlait, alors, d’universitas (totalité, ensemble) ; l’acheteur pouvait les revendre au détail. Cette vente en bloc s’appelait « sectionem venire ». Puis ce mot fut, appliquer à toutes les ventes que faisait un magistrat au nom du peuple romain. La vente d’objets pris pendant une guerre était régie par la « lex Agraria ». Tout ce qui était pris devait être vendu par les questeurs au profit du Trésor Public.

(1) Daremberg et Saglio précise bien dans leur dictionnaire que le soldat devait rapporter tout ce qu’il trouvait. Ils disent aussi qu’avant de remette aux agents de l’Etat tout le butin, le général, commandant l’expédition, retenait tout ce qui lui était nécessaire à la poursuite de la guerre et à une distribution à ses soldats.

(2) N’oublions pas que les Romains considéraient les esclaves comme des objets, des choses.

Les 2 notes sont dues au rédacteur du site.

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